
Lycée, 1re L :
histoire des arts
Collège, 5e
Classes à PAC
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La prospérité des années 1928-1929 favorise le développement d’hebdomadaires et de mensuels illustrés qui utilisent l’héliogravure, l’un des procédés de reproduction graphique parmi les plus performants. La presse quotidienne ne peut que très partiellement répondre aux besoins d’images des lecteurs. Paris-Soir et L’Intransigeant sont les deux seuls journaux populaires à miser sur la photographie et à en faire un argument de vente. Lucien Vogel fonde un hebdomadaire d’un type nouveau : Vu. Inspiré du magazine allemand Berliner illustrierte Zeitung, il se différencie de la vénérable Illustration par la modernité de son iconographie. À l’ère des pionniers, Man Ray, André Kertész, Eli Lotar, Germaine Krull et Robert Capa traitent directement avec Lucien Vogel. Les photographes travaillent avec une grande liberté et proposent leurs sujets. Sur les brisées de Vu, de nombreux titres aux noms évocateurs voient le jour, ou privilégient davantage la photographie : Voici, Voilà, Regards, Le Miroir du monde, Faits et documents, Photomonde, Paris-Écran, La Vie illustrée, Les Illustrés de France, Match. Regards, l’hebdomadaire illustré du parti communiste dirigé par Pierre Unik, ouvre lui aussi ses colonnes à la nouvelle photographie. Émeric Feher, Pierre Jamet, André Papillon, Roger Parry, probablement inscrits à la section photographie de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), publient de multiples reportages sur les événements sociaux et politiques. Après le départ de Vogel de Vu, Robert Capa et Gerda Taro couvrent la défense de Madrid pour Regards.
 Ouvrage de H. Béraud (texte) et de G. Krull (photographies). Damia, ca. 1930.
© Denoyelle |
Les expérimentations formelles sont largement utilisées par quelques directeurs artistiques et publicistes comme Alexis Brodovitch, quelques graphistes comme Maximilien Vox ou Carlo Rim, mais leur production ne concerne que la part la plus inventive des périodiques et de l’édition. L’ensemble des publications ne peut se résumer à quelques magazines phares comme Vogue pour la mode, Vu pour le reportage, Minotaure pour les revues d’avant-garde, aux ouvrages essentiels édités par les éditions Arts et métiers graphiques. Les publications se multiplient, mais la direction artistique des magazines ne sait pas toujours exploiter les potentialités des photographes.
Durant la période de l’entre-deux-guerres, si les expositions personnelles sont rares, l’édition en revanche permet aux photographes de rassembler leurs photographies. En 1927, Germaine Krull publie Métal. Quinze autres livres dont Marseille (1935) présentent ses photographies de reportage, mais aussi de nus, de publicité et de recherches plus personnelles. Au Paris vu par Kertész et Paris de nuit de Brassaï il faut ajouter La France travaille de Kollar et Banalité de Roger Parry avec une introduction de Léon-Paul Fargue. Ils constituent les livres cardinaux de la photographie. Man Ray par ses nombreuses publications liées au groupe surréaliste, occupe une place privilégiée. Man Ray Photographies 1920-1934 rassemble un choix des travaux les plus notoires et Facile (1935) propose treize photographies accompagnées d’un poème de Paul Éluard.
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