Pour mémoire - Guy Môquet, un symbole
   
Résistance, attentats et répression
La Résistance en France 
 
Une réaction à l’infamie
Le 17 juin 1940, Philippe Pétain, nouveau chef du gouvernement, annonce aux Français qu'il demande l'armistice. La Résistance naît de cette infamie.
Elle s’organise à Londres où de Gaulle constitue « La France libre » dans la foulée de son appel du 18 Juin 1940, et en même temps, sur le territoire français où des actions individuelles sont menées, dès les premiers jours de l’été. Ces initiatives attestent que tous les Français n’ont pas capitulé. Résister, c’est d’abord refuser la loi de la défaite.
Refuser l'armistice du 22 juin 1940 parce qu'il est d'abord une capitulation et un asservissement et parce que l'accepter, ce serait reconnaître que la défaite française de mai juin 1940 est définitive.
Au demeurant, les conditions de cet armistice sont très dures. Il prévoit l'occupation de la plus grande partie du territoire par les troupes allemandes qu'il faudra entretenir par les prélèvements. Le territoire occupé est le plus riche, le plus industrialisé, le plus utile, le plus stratégique. À l'épreuve, nous savons que la France ne sera pas mieux traitée que les États vaincus et qui n'ont rien signé.
L'accepter, c'est aussi renoncer à l’espoir de renaître un jour dans une victoire contre le nazisme, ses alliés, ses complices.
Car résister, c’est enfin vouloir encore en découdre avec la barbarie et faire triompher les valeurs qui ont jalonné l'histoire nationale depuis 1789 et la République depuis 1870, comme la liberté, l’humanisme, la démocratie, la justice sociale, la solidarité.
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La France occupée après l'armistice de juin 1940
Résister, c'est combattre
L'appel du 18 Juin s'adresse d'abord aux militaires et aux gouverneurs des colonies pour les inviter à la désobéissance et à rejoindre le général de Gaulle en Angleterre, là où se trouvent déjà les troupes françaises embarquées par les Britanniques lors de la retraite de Dunkerque. Au début, ce ne sont que des poignées d'hommes qui rejoignent le général rebelle. En Afrique, le gouverneur du Tchad Félix Eboué entraîne le ralliement de certaines colonies d'Afrique équatoriale et le jeune colonel Leclerc lui apporte un petit contingent qui prendra à l'automne 1940 le nom de Forces françaises libres.
Mais de Gaulle bénéficie dès les premiers jours du soutien essentiel et sans faille malgré les vicissitudes ultérieures, du Premier ministre anglais Winston Churchill.
Le gouvernement britannique donne à la France libre, nom officiel du mouvement gaulliste, d'une part l'argent nécessaire et d'autre part, avec l'accès à la BBC, une arme nouvelle et efficace, la radio.
Sur le territoire national, les premiers Résistants ne sont qu'une faible minorité et viennent de tous les horizons : du catholicisme social, du syndicalisme, des partis politiques de gauche surtout. Mais la Résistance est d’abord le fruit de rencontres entre gens ordinaires, c'est-à-dire de toutes conditions, qui n'ont souvent jamais milité ou adhéré à quelque mouvement mais qui ont en commun de vouloir agir contre l’occupant et bientôt, contre les forces de la collaboration.

Dès 1940, en zone dite libre comme en France occupée, des mouvements de résistance apparaissent : Combat, Franc-Tireur, Libération-Sud en zone sud, Ceux de la Résistance, Libération-Nord, Organisation civile et militaire en zone occupée, où la présence des Allemands rend les actions plus dangereuses.
En mai et juin 1941, les communistes, jusque-là essentiellement anti-vichystes, rejoignent en masse la Résistance et lui donnent une autre dimension. Leur mouvement « Front national de lutte pour l’indépendance de la France » se développe sur l’ensemble du territoire et mène les premières actions armées. En février 1942, les Francs-tireurs et Partisans (FTP) fédèrent l’ensemble des mouvements proches des communistes, mais où des combattants de bien des sensibilités politiques, même de la droite nationaliste, se sont retrouvés.
Rompus aux pratiques de la clandestinité et forts de milliers de militants dévoués, les communistes apportent à la Résistance une doctrine de combat, la guérilla, un dynamisme et une efficacité qui feront de ce patchwork de 1941 une véritable « armée des ombres ».
L’action de la Résistance est variée. Résistance passive dans les administrations, propagande (tracts, affiches, journaux clandestins), préparation de l’opinion à un futur soulèvement, renseignements à la France libre et aux alliés, et actions directes : sabotages, attentats, et à la fin, constitution de maquis qui contrôleront de façon permanente des régions entières ; entreprises difficiles et souvent écrasées dans le sang (Vercors, juillet 1944).
La convergence entre les mouvements, puis entre Résistance intérieure et France libre se fera progressivement à partir de la fin 1942 et au début de 1943 sous l’impulsion de Jean Moulin notamment. Sur proposition de ce dernier, les principaux chefs des mouvements (Emmanuel d'Astier de la Vigerie pour Libération-Sud, Henri Frenay pour Combat, Christian Pineau pour Libération-Nord…) se rendent à Londres et peu à peu, non sans hésitation initiale ou méfiance durable, reconnaissent l'autorité du général de Gaulle qui promet « de rendre la parole au peuple ».
Le 27 mai 1943, le Conseil national de la Résistance (CNR) est mis en place, qui parachève l'unification de la Résistance intérieure, tâche que de Gaulle avait confiée à Jean Moulin. En mars 1944, cette instance majeure adopte sa charte, plaidoyer en faveur de l'action immédiate et base programmatique des réformes politiques, économiques et sociales que le gouvernement provisoire devra conduire à la Libération.
Un rôle décisif pour la Libération
Selon le général Eisenhower, commandant en chef des forces alliées, les Résistants de l'intérieur, forts de 230 000 hommes, équivalent à une quinzaine de divisions dans les opérations militaires de l'été et l'automne 1944. Fin 1944, on estime ces effectifs à près de 480 000 hommes, soit 2 % de la population française, même si tous ne recevront pas la « carte de combattant volontaire de la Résistance » par entrée trop tardive dans la lutte.
Par leur connaissance du terrain, par les renseignements qu'ils ont fournis aux Alliés, les Résistants ont permis un gain de temps et un amoindrissement des pertes humaines durant les combats de la Libération.
Enfin, le général de Gaulle a pu arguer de leur présence à ses côtés pour montrer au monde que la France avait combattu depuis 1940, s'était libérée par ses propres forces et avait contribué à la victoire finale sur le nazisme. De fait, il était légitime qu'elle soit un des cinq grands vainqueurs.

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