| Poésie sonore, poésie numérique |

Collège / Lycée
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La poésie dite « sonore », issue des années cinquante, et la récente poésie numérique, ou « multimédia », n’ont de point commun que d’exploiter – chacune en son temps – les dernières technologies en vogue (en l’occurrence, le magnétophone et l’ordinateur) et de n’avoir laissé aucune œuvre majeure suffisamment reconnue pour faire entrer chacune de ces formes poétiques originales dans le champ de l’histoire littéraire. Dès lors, pourquoi s’y intéresser ? Chacune de ces formes présente un intérêt qui lui est propre : le détour par la poésie sonore, qui n’est plus une poésie écrite et où les mots ne sont que matériel sonore, est une opportunité pour faire éprouver aux élèves de lycée l’importance des aspects musicaux de la poésie, si difficiles à faire sentir alors que les rythmes et les sonorités ont détrôné la rime et le mètre. Quant à la poésie numérique, il s’agit d’une forme nouvelle, émergente, et dont il a paru intéressant d’explorer les potentialités et l’intérêt pédagogique. Comme toute littérature numérique, elle donne une dimension nouvelle au genre, due à l’interactivité.
Un point sur les poésies contemporaines
Dans la rubrique « Repères » de ce dossier, un premier texte de Jean-Michel Maulpoix fait le point sur la poésie des années cinquante, contexte dans lequel est apparue la poésie sonore. Il est difficile de définir celle-ci sans être restrictif. Une de ses caractéristiques est la place faite aux nouvelles techniques, notamment au magnétophone, qui permet d’exploiter la voix comme une matière première. « Le seul dénominateur commun à toutes ces pratiques, dira Bernard Heidsieck, l’un de ses principaux représentants, dans une interview accordée au site Mouvement.net1, est la lecture publique et l'oralité, car il s'agit d'une poésie faite pour la scène et pour être entendue. » Celui-ci conçoit en effet ses productions comme des partitions à interpréter et affirme que le poème, « en sortant de la page […], recouvre sa dynamique primordiale, essentielle et physique, guidée par le souci de “faire mouche”, de renouer un contact-choc (agressif ou tendre, qu’importe, ceci est une autre histoire), avec l’autre, les autres, la société et donc l’Histoire ». Il se met alors à multiplier sa voix à l’aide du magnétophone (les discours se chevauchent dans un poème-partition) et prélever des fragments d’univers sonores. Dans un deuxième texte, Jean Clément, spécialiste de la littérature hypertextuelle au laboratoire Paragraphe de l’université Paris-VIII, dresse un panorama des productions très diverses de la poésie numérique aujourd’hui et résume les questionnements théoriques qu’elles suscitent : statut de l’auteur, place du lecteur, « poétique du programme »…
Trois activités pour la classe
La rubrique « En pratique » décrit trois activités, respectivement pour des classes de 3e, 1re (voire 2de) et 6e.
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« De la musique avant toute chose » (niveau 3e), part d'une poésie connue, celle d'Apollinaire, pour découvrir les jeux sonores du poème et apprendre à dire oralement un poème. Elle est une entrée en matière pour poser les enjeux de la poésie sonore. |
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« À la découverte de la poésie sonore » (niveaux 2de ou 1re), fait le détour par ce mouvement peu connu des années cinquante qui a exploité le son comme matière première de la poésie, au-delà des mots. |
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« Quand la poésie s’anime » (niveau 6e). Au Bembo's zoo, les lettres du mot se dispersent pour recréer la chose désignée ; chez ALIS, les demi-mots se rencontrent pour former d'autres mots ; au Club des poètes, un poème de Victor Hugo se transforme en un véritable film d'animation. Cette séance en salle multimédia est une invitation à la découverte d'un nouvel art poétique. |
Un dossier en ligne et un livre
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Ce dossier est issu d’une sélection de textes extraits de l’ouvrage Jalons pour la poésie – de Ronsard au multimédia, réalisé en coédition par le CNDP et l’association WebLettres. Élaboré à partir des meilleurs cours et séquences déposés par les enseignants sur le site de WebLettres, il est le résultat d’un mode de production original. Il repose sur un triple équilibre entre mises au point théoriques et pratiques de classe, cours éprouvés sur le terrain et activités innovantes, formes littéraires classiques et contemporaines.
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